Comptoir IA Podcast

Episode 145

Edouard Nattee | Comptoir IA #145

1:08:0271 min
EN

Edouard Nattee

Cofondateur de Wilgo, serial entrepreneur EdTech (ex-Fox Intelligence/Nielsen)

Resume

Edouard Nattee, serial entrepreneur qui a vendu Fox Intelligence a Nielsen IQ, presente sur Comptoir IA Wilgo, sa startup EdTech qui a leve 6 millions d'euros. L'application cible collegiens et lyceens avec un apprentissage gamifie et personnalise par IA. Lors du soft launch pre-brevet, 1 collegien sur 6 a utilise l'app soit environ 100 000 utilisateurs. L'equipe de 60 professeurs remuneres valide tous les contenus. La stack technique utilise Codex pour le developpement, Claude pour adapter les contenus a l'age, Nano Banana (Google) pour les images, et ElevenLabs pour la voix. La France affiche un taux d'adoption IA en entreprise de seulement 10% contre 13,5% en moyenne europeenne. Edouard s'inspire de Duolingo pour la gamification mais veut aller au-dela sur le plaisir d'apprendre. Nicolas Guyon et Edouard debattent de la generation Alpha, de la disparition progressive du travail et des robots domestiques a venir.

Points cles de l'episode

  • 1Wilgo a leve 6 millions d'euros et touche 100 000 utilisateurs (1 collegien sur 6) au soft launch
  • 260 professeurs remuneres valident tous les contenus pedagogiques
  • 3Stack IA : Codex pour le code, Claude pour l'adaptation a l'age, Nano Banana pour les images, ElevenLabs pour la voix
  • 4La France a un taux d'adoption IA de 10% vs 13,5% en moyenne europeenne
  • 5La base de code est segmentee en petits modules pour optimiser les performances de Codex
  • 6Inspire de Duolingo mais veut aller au-dela sur le plaisir d'apprendre et la routine quotidienne
  • 7Investisseurs : Daphne, Founders Future, Kima, Nathalie Ballard (La Redoute), Thibault (Back Market)
  • 8Vision : preparer la generation Alpha a un monde ou le travail manuel et intellectuel disparait progressivement

Transcription complete

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Presentation d'Edouard Nattee et son parcours entrepreneurial

Edouard NatteeMerci.

Nicolas GuyonAppelé Nico. Je t'aurais bien fait faire un quiz en fait, tu vois. C'est ça qui aurait été... C'est ce que je viens de me refaire là.

Edouard NatteeAh oui, il y en a certains qui bug, on vient de relancer la génération de tous les quiz, donc ça se trouve tu vas avoir un truc...

Nicolas GuyonC'est vachement bien. Ok, super. On y va ? Oui. Eh bien, c'est super.

Edouard NatteeQuand vous voulez, tu veux que je commence.

Nicolas GuyonPlan large je pense ok go.

Edouard NatteeBon, en fait, il suffit d'absolument cinq minutes dans mon studio pour se rendre compte qu'il ne faut pas le faire soi-même quoi. En tout cas, pas le faire à.

Nicolas GuyonLa... Moi, je peux te dire, ce n'est pas un truc...

Edouard NatteeMerci.

Nicolas GuyonOn est bon Melvin ? Ah ouais, non, non. Et ce n'est pas un truc d'amateur. Par contre, à distance, tu peux faire des trucs bien aussi, mais studio amateur. Et ça, moi, j'ai fait un petit peu.

Edouard NatteeLe jour où tu te retrouves, tu.

Nicolas GuyonFais l'enregistrement avec une nana qui s'est sapée, qui s'est mise au top et tout ça. Et en fait, comme moi, il n'y a pas la vidéo.

Edouard NatteeOui.

Nicolas GuyonBah là, tu vois, je n'ai jamais su lui dire vraiment. Enfin, tu vois, genre, excuse-moi, on le refait. Désolé, tu vois. Et j'avais que le son, tu vois. Tu es dans des situations qui peuvent être pénibles. Allez, on y va.

Edouard NatteeGo.

Nicolas GuyonSalut, Edouard.

Edouard NatteeSalut, Nico.

Nicolas GuyonBonjour, Edouard. Donc, on est le 26 septembre, vendredi 26 septembre 2025. Ravi de te recevoir sur le podcast Comptoir IA.

Edouard NatteeMerci beaucoup de me recevoir aussi, Nico.

Nicolas GuyonIl fallait absolument qu'on le fasse. En plus, on se connaît un petit peu, sans trahir de secrets. On était déjà plus ou moins dans le même collège, lycée, ce qui nous intéresse par rapport à au sujet dont on va parler aujourd'hui. Et après, tu es aussi le frère d'une de mes meilleures amies, qui est mariée avec un de mes meilleurs amis. Donc, c'est un peu la famille. Mais au-delà de ça, pas de népotisme. Il fallait absolument que je reçoive Will Go, une des pépites futures licornes de la tech, ou plus précisément de l'aidtech française. Donc, merci d'être ici, Edouard.

Edouard NatteeMerci à toi.

Nicolas GuyonEdouard, toi tu es un serial entrepreneur, tu as déjà monté des boîtes, Willgo c'est ta nouvelle aventure ?

Edouard NatteeExactement, avant ça j'ai monté une entreprise qui s'appelle Fox Intelligence, ça c'est une aventure qui a duré 7 ans dans le monde de la data et un peu précurseur dans l'utilisation de l'intelligence artificielle. C'est une boîte que j'ai vendue à un groupe qui s'appelle Nielsen IQ. chez qui j'ai passé quelques années aussi. Et avant ça, j'ai cofondé la filiale française d'une boîte qui s'appelle West Wing, qui vend des meubles et de la décoration. Et je l'ai cofondé avec Julie Valbaume, qui est une de mes trois autres cofondatrices sur le projet We'll Go.

Nicolas GuyonDonc une équipe qui se reforme.

Edouard NatteeExactement, parce que les deux autres, Nico et Louis, on est quatre, donc Julie, Nico, Louis et moi. Nico était notre CTO chez Fox et Louis était notre CMO. Donc on s'est déjà bossé ensemble.

Nicolas GuyonMais alors, c'est un peu toi le pivot.

Edouard NatteeAh non, non, non, non. J'ai fait l'expérience du solo founder qui n'était pas vraiment du solo founder parce que Nico et Louis ont très rapidement pris vraiment un rôle de founder également dans leur attitude et surtout dans leur impact dans la boîte. Et là on s'est dit que pour le sujet de l'éducation, qui est un sujet où je ne viens pas à l'éducation, Julie, Nico, Louis non plus, il fallait d'une part qu'on ait l'ensemble de nos quatre compétences, donc on vraiment codirige cette boîte, et on s'est attaché récemment les services et le talent d'une autre personne qui est prof, aussi ancien entrepreneur, donc un prof devenu entrepreneur et qui a rejoint l'aventure là dans les qui rejoint l'aventure dans les deux jours qui viennent. Il commence lundi.

Nicolas GuyonIl est prof de quoi ?

Edouard NatteeAlors, il était prof d'histoire et comme beaucoup de profs, il a un autre amour qui est le français. Et en fait, il nous aide non seulement à préciser le projet pédagogique, mais il fait quelque chose qui est hyper important pour nous, c'est qu'il gère à peu près la soixantaine de profs qui travaillent avec nous sur la validation des contenus et des compétences et de la manière avec laquelle on s'adresse aux enfants.

Nicolas GuyonÇa doit être plus simple. Est-ce qu'il y a une forme de corporatisme dans l'éducation nationale au sein des profs ? Peut-être que les 60 profs t'écoutent un peu mieux quand tu as été prof plutôt que quand tu ne l'as pas été.

Edouard NatteeAlors, on a eu cette peur au début de se dire on débarque sans avoir le label prof éducation nationale. En fait, l'enjeu qui est très bien cerné par les profs est tellement grand qu'on a eu que de la bienveillance. Quand on ne comprend pas pourquoi il y a besoin de descendre en tel niveau de détail, il n'y a pas d'énervement. On a plutôt été bien accueilli par cette communauté de profs.

05:49

De Fox Intelligence a Nielsen IQ : la premiere exit

Nicolas GuyonAh, très bien. Tant mieux, écoute. Et je pense que ça doit être un effort collectif. On viendra comment, justement, tu rémunères sur le sujet, comment tu rémunères ces profs et tout ça. Sur Fox Intelligence, peut-être minuscule aparté, mais moi, j'ai quand même un souvenir précis que j'adorais. Il me semble quand même qu'au tout début de Fox Intelligence, D'une certaine manière, tu avais fait des trucs un petit peu sur les boîtes mail aussi pour alléger les boîtes mail et aussi pour trouver un peu comment se faire rembourser.

Edouard NatteeDes billets de train et des retards.

Nicolas GuyonÇa, c'est un peu l'origine de Fox Intelligence, non ?

Edouard NatteeAlors, l'origine de Fox Intelligence, c'était mon parcours dans l'e-commerce avant.

Nicolas GuyonBien sûr.

Edouard NatteePour être très clair, il y a un acteur qui s'appelle Amazon qui a une telle part de marché qu'ils ont un avantage aussi en termes de data, c'est à dire qu'ils comprennent les consommateurs et leur marché beaucoup mieux. En fait, tous ceux qui suivent derrière étaient, pour ainsi dire, aveugles. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de Nielsen du e-commerce. Pendant 6 ans, on était le Nielsen du e-commerce avant de devenir le e-commerce de Nielsen. Globalement, c'est ça qu'on faisait. Rapidement, sur le sujet des mails et des retard de billets de train.

Nicolas GuyonMoi, j'adorais ça. Franchement, ça, c'est un concept. Je sais que pour toi, c'est un tout petit truc. Non, je veux dire par rapport à ton aventure et tout ça. Mais moi, j'adore. Je trouvais ça hyper smart. Est-ce que tu peux juste expliquer ce que c'était ?

Edouard NatteeAlors, en fait, le principe, c'est qu'il n'y a qu'une source qui existe pour connaître les transactions e-commerce des utilisateurs. Cette source, c'est les reçus électroniques. Ce qu'on a fabriqué, c'est deux choses. D'une part, un très bon produit, CleanFox, avait été utilisé par 12 millions de personnes, est utilisé par 12 millions de personnes, et ça permet de nettoyer sa boîte mail, de lui donner du sens et de l'intelligence. Et la deuxième chose qu'on avait fabriquée, c'était une technologie qui permettait d'anonymiser toutes ces informations, c'est-à-dire qu'il n'y avait aucun préjudice pour les utilisateurs. Et donc on avait fait un deal qui était assez original à l'époque, c'est on vous rend des services, on trouve des billets de train sur lesquels il y a un retard, on va chercher l'argent pour vous. Votre colis Amazon est en retard, on va chercher l'argent pour vous, etc. On nettoie vos boîtes mail et en échange, on avait la version complètement anonymisée des transactions que l'on regroupait et on a été capable d'aller voir ces discounts de n'importe quelle autre marque ou retailer en leur disant voilà si vous voulez améliorer votre offre, voilà les produits qu'il faut aller chercher, voilà ce qu'il faut faire, etc. Ça c'était Fox.

Nicolas GuyonÇa, c'était très malin, ça, du nom de Fox Intelligence. Franchement, j'ai adoré ce mécanisme. Et j'espère qu'il y a certaines personnes qui ont récupéré pas mal d'argent sur des retards de train et tout ça.

Edouard NatteeAlors, en l'occurrence, ça a été le cas. Mais moi, ce que j'ai adoré dans l'expérience Fox, c'est qu'il y avait la partie B2B qui était de vendre des parts de marché, des informations sur les performances des uns et des autres. il y avait la partie data et notamment c'est avec la partie data, c'est-à-dire qu'on travaillait des millions, à la fin des milliards de données qu'il fallait catégoriser, etc. On était en presse 150 pour gérer ça. Et en fait il y a un moment où l'IA est arrivé. Les LLM sont arrivés et ça a permis de faire un bon, même avec un ChatGPT 3.5, un bon dingue en termes de qualité des données. Et puis le troisième point, il y avait le B2B, la data, et puis il y avait le B2C, c'est-à-dire faire une app qui sert à des gens, qui plaît, etc. Et très honnêtement, tous les matins, le premier truc que je regardais en arrivant au bureau, ce n'était pas tellement savoir si on avait vendu une fois, deux fois, trois fois la data, combien de personnes on avait réussi à satisfaire sur la partie B2C, d'où le projet WeGo qui est 100% B2C.

Nicolas GuyonOui, bien sûr. D'accord, c'était ton envie. Mais après, tu m'as fait un petit peu la passe par rapport à notre sujet, donc beaucoup de données, GPT, ChatGPT. Toi, comment tu le vois arriver, ChatGPT ?

Edouard NatteeJGPT mais de manière plus générale les LLM et l'intelligence générative.

Nicolas GuyonTu t'en parlais déjà avant en fait ? Tu t'y intéressais déjà avant JGPT ?

Edouard NatteeEn fait on avait un mec super qui s'appelle Régis. Régis c'était un type qui sortait de 42. Ce n'était pas du tout son métier de faire ça et il a dit moi je suis prêt à prendre la partie AI et Data Science chez vous. Le mec est probablement l'un des types les plus brillants que j'ai vu dans le sujet. Il a monté un énorme stack avec notre site Ionico pour traiter toutes ces données et à un moment arrivent les LLM et il dit bon ben voilà en fait pendant quatre mois je vais faire un truc à corps perdu et surtout à dépenses probablement perdues.

Nicolas GuyonMais genre en 2022 quoi, à peu près ?

Edouard NatteeNon, non, non. Avant, avant, avant.

Nicolas GuyonAh ouais, avant, avant, d'accord.

Edouard NatteeEn fait, je ne sais pas si c'est exactement avant, mais c'était autour de la vente de la boîte, donc en décembre 21.

Nicolas GuyonD'accord.

Edouard NatteeOn a notre énorme système qui s'appelait Fox Brain, dans lequel il y avait un gros modèle de machine learning sous Roberta. Un truc un peu classique. Et à un moment on s'est dit, si on veut repasser derrière chaque data point pour voir quels sont les intros, on va utiliser un LLM. Et c'est là-dessus qu'on s'y est mis. Mais maintenant, pour répondre à ta question, j'utilise trois angles pour regarder, de manière générale, les LLM. Il y a le premier, parce que je suis geek, je code, c'est ma passion, c'est la techno. Là, toutes les semaines, on se choppe des nouvelles techno. Le truc qui me bluffe en ce moment, c'est Genie 3 de DeepMind Google. C'est le truc le plus dingue que j'ai vu. Oui.

Nicolas GuyonAlors attends, je ne l'ai même pas essayé en fait. On ne peut pas l'essayer. J'ai demandé l'accès, mais oui, on ne peut pas l'essayer.

11:44

Wilgo : une application EdTech pour collegiens et lyceens

Edouard NatteeC'est un modèle génératif spatial avec une cohérence physique. C'est un truc qui est pour moi assez... Je vois les caméras, les micros, etc. un step qui est assez similaire au moment où on a su enregistrer et redonner du son et de la vidéo. Ce que DeepMind a sorti là, c'est un, je déteste l'expression, mais c'est un saut quantique sur la manière avec laquelle on produira du son et de la vidéo, ou même de manière générale une expérience virtuelle.

Nicolas GuyonAttends, Genie 3, dans l'expérience, il te propose quoi ?

Edouard NatteeEn fait, l'idée c'est sur la base d'un prompt ou sur la base d'une image, ça crée automatiquement un univers en 3D qui est interactif, c'est-à-dire qu'on peut se balader comme on veut dans un univers, qui est donc généralement en vidéo mais qui est interactif et en temps réel. Si on se met à peindre un mur, qu'on va faire autre chose et qu'on se retourne, le mur est toujours peint, donc il y a une cohérence physique et spatiale. Et si on veut qu'un cheval arrive dans le studio, on balance un prompt et en temps réel, le cheval arrive dans le studio. Ça offre pour le cinéma ou même le jeu vidéo une manière totalement différente d'envisager la production.

Nicolas GuyonLa 3D, la réalité augmentée, la réalité artificielle. la VR, la réalité virtuelle. Et alors, d'accord, oui, oui, parce que je ne me souvenais plus bien. Mais par contre, tu as peut-être vu World Lab de Fei Fei Li.

Edouard NatteeOui, que tu as partagé sur LinkedIn il n'y a pas longtemps, ça j'adore.

Nicolas GuyonMais qui est déjà très puissant sur la création d'un monde virtuel qu'on peut essayer déjà. Mais là, tu crées un monde, mais tu ne peux pas rajouter des choses dedans, en tout cas.

Edouard NatteePour l'instant, c'est statique, c'est ça que tu dis. Donc ça, c'est le premier rôle, c'est la technologie. Mon deuxième truc, plutôt en tant qu'entrepreneur, c'est de suivre les cas d'usage pour qu'on sorte de la démo technique et qu'on fasse un truc réel. Je ne sais pas ce que les gens ont fait pendant les vacances, mais depuis la rentrée, que ce soit dans des bois dans lesquels j'ai pu mettre un ticket, Il y a eu un jump entre une démonstration au CEO ou au public en disant regardez on pourrait faire ça à un truc réel en production. Je prends un exemple, il y a une boîte qui s'appelle Paradigm, ils sont au final de la BFM Academy. Paradigm c'est une boîte qui fait la seconde main sur des belles marques. ils ont pris Nano Banana, l'algo pour faire des images de Gemina et Google.

Nicolas GuyonLe Photoshop conversationnel, un petit peu, dernier modèle, incroyable.

Edouard NatteeIls prennent ça et ils sont capables, sur de la seconde main, où habituellement on voyait un item qui est posé sur cintre, d'aller le mettre sur un modèle tout en respectant les coupes, l'état du produit, etc. Et donc, sur un marché qui souffre toujours dès que le prix est un peu élevé, du fait de devoir se représenter, est-ce que je vais vraiment acheter ce truc-là ? C'est une start-up française, Ils ont fait, je pense, un des meilleurs cas d'usage que j'ai vu de nanoparticules. Alors après, le troisième point qui me frustre sur l'LLM, c'est qu'on a des technologies, on a l'usage qui est en train de rendir, mais je trouve qu'on a un peu la société et les médias aussi qui ne prennent pas la mesure de ce qui est en train de se passer. Et ça, ça me frustre. Donc j'ai excitation, satisfaction, frustration. C'est un peu les trois trucs.

Nicolas GuyonMerci de présenter. On reconnaît l'ancien consultant. L'ancien consultant.

Edouard NatteeJe vous présente les trucs en trois ou en quatre.

Nicolas GuyonC'est très, très clair. Et par contre, je partage ta frustration. C'est hyper important d'en parler. Et même au-delà de la frustration, c'est essentiel. On parle du taux d'adoption sur l'IA. En France, il n'est pas suffisant. On est à 10% dans les entreprises là où en Europe on est à 13,5% donc on a déjà un petit retard par rapport à l'Europe et ensuite par rapport aux US et à la Chine on est encore plus en retard. Donc c'est essentiel de s'y mettre quand on sait ce qu'on peut faire avec.

Edouard NatteeSur le point du retard de la France et de l'Europe, il y a un retard qui m'alerte particulièrement, c'est celui de la robotique. Bien sûr. Je pense que la majorité des gens, dans ma famille, dans mes proches, et même dans des gens qui sont censés être un peu au courant de ce qui se passe, on a une perception de ce qu'est un robot, qu'il soit humanoïde ou pas, qui est totalement déformé de ce que peut faire Waymo, par exemple, aux Etats-Unis, avec des voitures qui se conduisent toutes seules, de ce que fait Figures avec des robots humanoïdes. Et donc, il y a en plus de ça une culture techno qui n'était pas trop grave. Il y avait les geeks d'un côté, puis ceux qui n'étaient pas geeks. Le problème, c'est que là, la techno est tellement en train de changer totalement la manière avec laquelle nos sociétés fonctionnent que c'est une inculture qui est un peu gênante. Donc, c'est trop bien qu'il y ait Comptoir IA.

Nicolas GuyonUne inculture, je pense, est assez généralisée dans la classe politique aussi. Tu vois, pour en tout cas... Après, je vais essayer de faire quelques épisodes avec quelques personnalités. Mais je suis totalement d'accord. Et sur les robots, t'as une espèce de défiance où t'es vraiment en mode ludite ou terminateur. C'est chaud.

Edouard NatteeExactement.

Nicolas GuyonDonc, les deux années qui viennent de se passer, post-JPT, t'as été surpris ? Tu t'es dit « Waouh, ça s'accélère par rapport aux trois points que tu viens de me donner ». Il y a eu plus d'investissement quand même ?

Edouard NatteeIl y a eu plus d'investissement. Il y a un peu de monde, ce que tu décris tout à l'heure sur la question de l'adoption, et de monde auquel j'ai appartenu. Quand ma boîte a été rachetée par Nielsen, j'arrivais dans un gros corporate américain. dans laquelle il y a un legacy, la boîte à 100 ans littéralement. Et là, en fait, il y a à la fois des obstacles mentaux et aussi techniques, qui fait que le plein potentiel de l'IA ne peut pas s'exprimer. Et puis de l'autre côté, il y a une nouvelle génération de start-up. Lovable, c'est celle dont on parle le plus, où les mecs sont 4, 5 ou 20 et font une énorme boîte.

Nicolas Guyon100 millions d'ERR, 2 milliards de valo, bien sûr.

Edouard NatteeDonc il y a Mercor, il y a plein de boîtes comme ça.

Nicolas GuyonMercor, très bon exemple, Reinforcement Learning, 2 milliards de valo aussi, 100 millions levés.

Edouard NatteeDonc en gros, tu as un peu ces deux mondes.

Nicolas GuyonTrois mecs qui ont 18 ans, qui font ça. Trois mecs de 18 ans, drop out d'Harvard, un truc comme ça.

17:34

Le soft launch : 1 collegien sur 6 utilise l'app

Edouard NatteeEt qui en plus s'attaque à un secteur dans lequel la question de l'expertise et du knowledge, on pourrait attendre que ce soit plutôt des anciens mecs qui ne saient, ou Bain, etc., qui se mettent sur le sujet, etc. Pas du tout, c'est des mecs qui sont fraîchement sortis d'école. Mais donc, pour revenir à ta question, moi je le vois avec à la fois la difficulté de pas mal de groupes à se convertir réellement à ça, Et de l'autre côté, le truc, c'est du surf. Je ne sais pas comment expliquer le truc, mais c'est là, par exemple, si on prend Will Go, même nous, on a été surpris chaque jour, chaque semaine, par le fait que la productivité qu'on avait en tant que founder très tech, parce qu'on est assez tech, très product minded, orienté produit, ce que nous offrent des outils comme Codex, comme Claude Code, etc. Et donc ça, c'est un émerveillement pour moi, le meilleur jouet qu'on ait pu me donner.

Nicolas GuyonEt là-dessus, tu es un peu sur l'expression de choses qu'on a décrites sur le podcast avec Gamma, avec Loveable aussi, où on a aussi une nouvelle mentalité des entrepreneurs. dont la fierté, ce n'est plus uniquement de lever de l'argent, mais aussi, avec une équipe réduite, de faire un maximum de choses et d'aller très vite. Tu me disais que justement, vous avez peut-être revu votre business plan, en tout cas sur des embauches à court et moyen terme.

Edouard NatteeNous, on a revu très clairement le business plan parce qu'on a fait une levée de 6 millions d'euros cet été.

Nicolas GuyonDonc très belle levée. En plus dans l'EdTech, c'est toujours difficile à la base, mais peut-être que c'est en train de changer justement.

Edouard NatteeAlors ça change parce qu'il y a des gens pour qui c'est devenu au-delà de l'opportunité business. Il y a un certain nombre d'investisseurs et je pense par exemple aux investisseurs et aux business angels qui nous rejoignent. Il y a Daphne qui était déjà dans l'aventure Fox. il y a Founders Future, Marc Ménassé.

Nicolas GuyonQu'On salue bien sûr.

Edouard NatteeExactement, pour qui c'est même un enjeu perso, c'est-à-dire qu'en board, je vais dire une connerie, comme on a un board lundi, il va me dire... Mais en gros, lui, c'est un sujet qu'il passionne, c'est-à-dire que sur le lance, il s'accroche.

Nicolas GuyonL'excellent Marc Mélasser.

Edouard NatteeExactement. Pareil pour Pierrick chez Daphne. Puis ensuite, on a tout un tas de business angels qui nous ont rejoints. C'est dur de les citer tous parce qu'il y en a beaucoup, mais il y a des gens, par exemple, comme Nathalie Ballard de La Redoute ou Thibault chez Back Market. Il y a Kima avec leurs fonds. Il y a plein de gens. qui sont passionnés par le sujet et qui se disent, il faut y aller maintenant. Et surtout, l'IA permet de faire une différence qu'on ne pouvait pas faire avant.

Nicolas GuyonPassionné, je pense que je connais la réponse, mais passionné en tant que jeune parent ou passionné aussi pour le « bien » du sujet ?

Edouard NatteeLe bien, bien sûr.

Nicolas GuyonD'ailleurs, c'est une de tes motivations aussi, j'imagine, sur le projet.

Edouard NatteeOui, mais alors, pour être très honnête.

Nicolas GuyonSoyons honnêtes.

Edouard NatteeC'est l'argent. Pour être très honnête, ce qui nous motive, c'est un peu la peur. Et je vais être le plus, comment dire, le moins alarmiste, mais le plus simple possible. C'est-à-dire que je disais tout à l'heure que les gens ne se rendent pas compte que, en gros, la génération Alpha, donc la génération Alpha, c'est les enfants qui sont aujourd'hui à l'école. Cette génération, les enfants qui vont sortir de l'école avec soit un décrojet scolaire, soit des lacunes sur tel ou tel point en disant j'ai pas aimé les maths ou j'ai pas aimé machin, ou tout simplement ils ont été bons en cours mais ils n'ont pas les compétences, la confiance en soi, l'esprit critique suffisant. Dans le monde dans lequel ces jeunes arrivent, il n'y aura pas tout un tas de jobs qui leur permettaient avant d'acquérir des compétences. Il n'y aura pas non plus des jobs chauffeur de taxi, il n'y aura plus de manutentionnaire, il n'y aura plus de gens dans les entrepôts. Bref, donc on a toute une génération où si on n'est pas capable d'investir suffisamment, à la fois d'un point de vue financier et d'un point de vue humain et technique, ces gosses sont perdus. Et donc, comme ça va faire depuis toujours, on a une société qui est basée sur on trouve sa place parce qu'on a une utilité. Si on se retrouve avec 20, 30, 40 % des enfants qui n'ont pas leur place dans la société, en fait, plus avoir beaucoup d'espoir sur notre capacité à agir en tant que... Ça fait peur.

Nicolas GuyonSi tu rajoutes à ça, en plus, potentiellement un choc démographique, genre after the spike, tu vois, un déclin de la population et de l'autre côté, des jeunes qui ne trouvent pas leur place professionnellement, en effet, tu peux arriver à une situation explosif, catastrophique.

Edouard NatteeEn gros, un peu la démarche qu'on a eue, quand je dis onze parce que c'est la même chose côté Julie, côté Nico, côté Louis, on s'est retrouvé là-dessus. C'est que si on prend la France et l'Europe, il y a en gros quatre défis. Il y a le défi de l'IA que les gens sous-estiment majoritairement, évidemment le dérèglement climatique. Il y a le retour du totalitarisme, il faut dire maintenant le mot, et la crise de la dette, et tout ça sur fond de crise sociale. Nous, on pense que les entrepreneurs ont un rôle à jouer là-dedans pour trouver des solutions. Et on a choisi un qui était le fait de se dire qu'il faut éduquer la génération alpha et leur donner le maximum de chances de réussir dans un monde qui ne sera pas le même que celui dans lequel nous on a vécu.

Nicolas GuyonC'est sûr. Edouard, tu m'as déjà fait quasiment tout le podcast. rétro-pédalon. Non, non, c'est passionnant. Merci beaucoup de nous partager tout ça. Mais revenons un tout petit peu en arrière. J'ai quelques questions obligatoires, tu sais, pour mes auditeurs qu'on adore, qui seront certainement aussi tes utilisateurs ou tes prescripteurs. Quels sont les outils diagénératifs que toi, tu utilises ? Quels sont... Est-ce que tu as un conseil, un petit secret, une petite astuce à nous révéler ? Et au niveau de Will Go, comment vous êtes équipé par rapport à ça ? Tu testes plein de choses, j'imagine déjà.

Edouard NatteeAlors, je teste presque tout. Je teste tout, à la fois en software et aussi en hardware, au grand dam de ma femme parce que j'achète tous les gadgets qui existent. Non, d'un point de vue, d'un point de vue perso, de la manière à laquelle je passe peut-être 70% de mon temps à coder, que ce soit perso ou pro, c'est une grande passion pour moi. Chacun choisit son truc.

Nicolas GuyonAlors tu fais ça avec quoi ? Avec un IDE, avec du Claude Code, avec du Codex ? Moi j'aime bien Codex. Tu aimes bien Codex ?

Edouard NatteeJ'aime bien, j'ai mon cursor et même mon Visual Studio, parfois j'aime bien coder sans avoir les promptes. généré par l'IA. J'ai Cursor qui est en fait assez pratique parce que on peut très facilement s'asseoir avec une autre personne à côté de soi et dire en fait on regarde la roadmap produit et on commence à balancer les tâches dans Cursor et ensuite dans un temps d'eux on est regardé sur GitHub quels sont les PR donc les Pool Reviews qui a été codé par l'IA et on se dit si on veut le mettre ou pas.

Nicolas GuyonAttends, faut que tout le monde puisse comprendre ce qu'on dit. Moi je bricole sur Cursor donc déjà je suis presque perdu, mais que ressort donc un environnement, une solution, une application qu'on installe sur notre ordinateur, qui est un IDE, un environnement de développement, qui nous permet d'accéder à un modèle et qui peut nous guider aussi avec un chat sur nos développements.

Edouard NatteeExactement.

Nicolas GuyonÇa marche super bien.

23:38

L'equipe de 60 professeurs et la validation des contenus

Edouard NatteeÇa marche super bien, c'est la première chose que nous on a utilisé, mais c'était disponible dans d'autres IDE aussi.

Nicolas GuyonEt ils nous permettent d'utiliser les modèles pour coder de ChatGPT ou d'OpenAI ou d'Entropiq, de Cloud.

Edouard NatteeOu un modèle open source chez soi. Donc lui, les modèles diagnostiques.

Nicolas GuyonEt donc toi, tu vas regarder une roadmap avec ça, c'est ça ?

Edouard NatteeNon, je vais regarder la roadmap avec Codex. Ce qu'on fait, c'est un peu différent. Donc ça, c'est quand je suis tout seul avec mes écouteurs et mon écran noir.

Nicolas GuyonTon grand écran, voire ton double.

Edouard NatteeExactement. Et en gros, sur Codex, c'est un peu différent.

Nicolas GuyonCodex, je veux m'y mettre. Je n'ai pas réussi à m'y mettre pour le coup.

Edouard NatteeAlors Codex, ça marche comment ?

Nicolas GuyonC'est que vous branchez votre OpenAI, vous.

Edouard NatteeBranchez votre repo, c'est-à-dire votre code, votre base de code. Et ensuite, tu as tout simplement, comme dans le ChatGPT, une fenêtre de texte où on dit voilà ce que j'ai envie de faire. Donc j'ai envie, par exemple, si on prend le cas de Willgo, j'ai envie d'avoir un système de reporting au cas où un quiz ou une leçon n'est pas exactement celle qu'on veut. Codex va regarder le code, va regarder déjà le prompt, va dire qu'est-ce qu'on me demande, il va regarder le code, il va être extrêmement bon pour contextualiser la demande, donc l'utilisateur me dit qu'il faut modifier telle feature, il veut à peu près ça vu toutes les choses qu'il m'a demandé avant, et il va faire la feature entière. il va l'envoyer sur github et va me dire à moi maintenant regarde là si ça te plaît pouf on l'envoie dans la base de code sinon on la modifie ou on la met à la poubelle et donc ça ce qui est génial c'est que sans y connaître grand chose au code on peut avoir des interactions avec on peut modifier son son application et moi ce que j'aime bien comme setup c'est me mettre avec un utilisateur, me mettre avec quelqu'un du produit, me mettre avec un prof et on s'assied et on dit voilà quelle est la liste des choses alors soit des bugs à fixer ou la liste des choses qu'on voudrait et on y va et puis pouf pouf pouf pouf pouf on dépile la roadmap on fait ce qu'on aurait fait en trois semaines, quatre semaines, on le fait en trois heures parce qu'en fait on met toutes les features T'as le temps de te.

Nicolas GuyonFaire un petit café quand même, entre le moment où tu lances ton prompt et où il t'a fait la fiture.

Edouard NatteeIls sont en parallèle.

Nicolas GuyonC'est en parallèle.

Edouard NatteeC'est en parallèle. Donc résultat, on a la liste.

Nicolas GuyonD'accord.

Edouard NatteeAlors après, il faut faire attention quand on les met en parallèle parce qu'il y avait certaines qui vont dépendre d'autres. Donc, il faut juste le faire de manière un peu intelligente. Mais ça, quand on disait tout à l'heure, on a revu notre business plan, tout simplement. On aura moins de dev et on va mettre l'argent sur d'autres choses. C'est notamment grâce à ces technologies-là.

Nicolas GuyonAlors, écoute, je ne savais pas que tu passais 70% de ton temps sur le code, mais je ne suis pas si étonné en fait, parce que je savais que tu adorais ça. Et moi, en ce moment, là, j'ai fait plein de... Je suis sur Claude Code énormément. Donc, dans le terminal de l'ordinateur. Et je m'amuse pas mal, tu vois, pour faire des petits sites internet. J'ai même créé quelques agents. 4-5 agents que je peux lancer en parallèle pour le coup, sur créer un site internet, créer une marque pour moi et j'ai un agent qui va me donner des promptes pour faire des images, un autre qui va me faire un business plan, un autre qui va me faire un cahier des charges pour un site. Il va me livrer tout ça et déjà, c'est très imprécieux. Toi, tu l'utilises ?

Edouard NatteeMoi, j'utilise Anthropic, donc Cloud pour autre chose. Au sein de la boîte, ce qu'on s'est dit, c'est qu'on n'allait pas se fier à un seul modèle. D'une part, parce qu'ils évoluent beaucoup et deuxièmement, parce qu'on a des besoins différents sur chacun des sujets. Claude, là où on le trouve très bon, et notamment sur le modèle Opus ou Sonnet, on le trouve très bon sur le fait d'arriver à adapter une leçon, un quiz, à un âge donné. Pourquoi ? je n'en sais rien. Pourquoi c'est lui qui marche mieux, je n'en sais rien.

Nicolas GuyonC'est la magie des modèles, c'est quasiment difficile à comprendre, à savoir, en effet, sur tous ces milliards de paramètres.

Edouard NatteeParce qu'en fait c'est à prompte égale, on a trouvé que ça marchait mieux et donc résultat, on travaille beaucoup avec Anthropique en plus a un intérêt particulier sur le sujet de l'éducation, un mode de non-captation des données qui est hyper intéressant quand on travaille avec la donnée des enfants. Donc il y a des raisons pour lesquelles on aime bien Anthropique. On veut rendre visuelle toute notre app. Parce qu'un enfant a besoin de voir des infographies, a besoin de voir des images.

Nicolas GuyonLà, c'est NanoBanana qui est... Et c'était ma question d'après. Ah oui, et donc tu touches aussi des modèles un peu de génération d'images visuelles. Donc ça, on utilise NanoBanana de Google.

Edouard NatteeExactement.

Nicolas GuyonDonc quand même multimodèle, en effet, multi GAFAM ou multi acteurs de l'IA.

Edouard NatteeD'accord. On utilise Eleven Labs aussi pour nos podcasts. Il ne faut pas dire le mot podcast, mais en tout cas pour nos voice lessons. Et parce qu'en fait, il se trouve qu'on s'est rendu compte assez rapidement que nos élèves étaient tous différents, nos utilisateurs étaient tous différents. Certains ne pouvaient pas lire des textes longs. Pouf, on plug notre notion d'Eleven Labs et le miracle est instantané. Donc, on utilise tout. Globalement, on utilise tout.

Nicolas GuyonOui, c'est dingue. Donc, ça change en effet complètement ton ton business model, tes opérations, et c'est sur toute la production de ton application.

Edouard NatteeExactement. Ce que ça fait, c'est qu'on met moins d'argent sur des éléments un peu traditionnels des startups avant, c'est-à-dire qu'il y avait beaucoup d'argent sur la dev team et beaucoup d'argent sur le marketing. Ce que ça permet de faire, c'est réallouer les ressources pour nous sur les profs. réallouer les ressources sur tout un tas de choses qui fait qu'on se concentre plus sur l'expérience. Le code, globalement, ça va quand même sacrément plus vite.

Nicolas GuyonLe code, beaucoup plus vite. Et après, c'est sûr, t'imagines, ça aurait été une petite armée de graphistes aussi pour créer les visuels dont tu as besoin dans ton expérience sur l'app. Des comédiens à qui tu aurais dû demander de faire des voix-off, d'enregistrer tes podcasts et tout ça.

29:37

La stack technique : Codex, Claude, Nano Banana, ElevenLabs

Edouard NatteeEn gros, ça n'aurait pas existé parce que le temps de finir le nouveau programme serait arrivé. On n'aurait pas pu être une boîte, on aurait été une boîte monopay parce qu'il est impossible de scaler sans ça. Donc l'IA, en fait, il y a deux choses. Un, ça permet de faire ce que tu décris, c'est-à-dire de rendre trivial des choses qui étaient hyper industrieuse avant. Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que ça permet la personnalisation de l'expérience. C'est le deuxième point très différenciant que l'IA apporte.

Nicolas GuyonBien sûr. Alors, OK, Edouard. Donc ton outil secret, c'est ton codex quoi. Ou tu me parlais de génie déjà, c'était sympa aussi de mentionner ça, on a hâte de l'utiliser, de le tester.

Edouard NatteeL'outil secret... Après je pense que notre approche qu'on a eue avec Nico sur le code, de manière générale avec l'équipe, c'est... On a une stack qui est hyper simple, en code avec un langage que je n'nommerai pas mais qui est le plus basique des basiques. Alors un peu plus, un peu moins basique que ça, non. Une grosse partie est codée en PHP.

Nicolas GuyonPHP, très bien.

Edouard NatteeMais sans framework, sans rien, un truc très simple et très sécurisé. On a des petites bases de code. C'est ça le gros problème qu'ont pas mal de boîtes, pas forcément des boîtes anciennes, mais même des boîtes qui ont été faites il y a cinq, six ans. Elles ont des énormes bases de code. Le problème des énormes bases de code, c'est qu'aujourd'hui, les fenêtres de contexte des codecs et autres, et surtout des curseurs, n'arrivent pas à les gérer très bien et ça c'est lent et ça décourage un peu. Nous on a vraiment segmenté notre base de code en plein de petits repos et donc bravo à mon ICO, mon CTO, parce que c'est lui très rapidement qui a dit il faut que dès le premier jour on soit organisé comme ça.

Nicolas GuyonC'est sûr, magnifique.

Edouard NatteeNon, ça me va très bien comme ça je bouge pas.

Nicolas GuyonBon bah on est parfait là. C'est très bien, c'est très bien.

Edouard NatteeÇa te va ?

Nicolas GuyonC'est super.

Edouard NatteeDésolé j'ai mon côté consultant qui est embrayé.

Nicolas GuyonC'est ouf, c'est super. On s'éclate. On est bon Melvin ?

Edouard NatteeYes.

Nicolas GuyonMerci. Merci Edouard. Alors maintenant, est-ce que tu peux nous présenter, mais à ta manière, Wealgo ? Qu'est-ce que c'est ? C'est une app ? C'est quoi Wealgo ?

Edouard NatteeAlors Wealgo, c'est une boîte qu'on a montée à quatre et avec le soutien de nos investisseurs.

Nicolas GuyonC'est une petite marmotte, si je peux me permettre, non ?

Edouard NatteeC'est un castor, c'est un castor.

Nicolas GuyonJ'ai dit n'importe quoi, pardon. Bon, on ne va pas le couper, mais c'est un castor très mignon que je vous encourage à aller voir.

Edouard NatteeParce que le castor, c'est sympa, il bosse.

Nicolas GuyonContrairement à la marmotte.

Edouard NatteeLa marmotte qui pionce à moitié de l'année. Qui hiberne.

Nicolas GuyonC'est vrai que pour un étudiant, ça ne serait pas un bon signe. Un petit castor, d'accord.

Edouard NatteeOn a un castor qui connaît la valeur de l'effort et du travail et il fait un peu la gueule notre castor. Mais on l'aime bien et les utilisateurs l'aiment bien. Et en plus du castor, on est une app. Et une app qui accompagne les collégiens et les lycéens, pas pour les aider à réussir scolairement, mais réussir scolairement, dans notre manière de le voir, c'est trois choses. C'est un, apprendre à travailler, tout simplement avoir une routine de travail. On a parlé avec des dizaines, même plus de 100 profs. Ce qui fait la différence entre les élèves, c'est la capacité, tous les soirs, d'aller trouver un moment de concentration et de faire ses devants. Ça, c'est la première chose, et on l'aide dans ses devoirs. C'est là où les inégalités sont hyper présentes. Inégalités, déjà, de ceux qui ont des gens qui les aident et ceux qui ne les aident pas. Et le deuxième point, c'est qu'il y a une inégalité qu'on n'avait pas vue au début, qui est celle entre les filles et les garçons. Les garçons posent beaucoup plus de questions en cours. Tous les profs à qui on a posé la question nous disent, en fait, ceux qui posent des questions en classe sont les garçons, ils n'ont pas peur de prendre la parole, etc. les filles, dans leur majorité, pas toutes, ont besoin d'un temps de révision de l'ensemble des éléments pour ce truc. Est-ce que c'est back-up par les neurosciences ? Je n'en sais rien. Ce que les profs nous ont dit, c'est vraiment un temps qui est particulier pour les filles presque plus que pour les garçons.

Nicolas GuyonEt après, c'est sûr, il y a une espèce de renforcement du savoir et d'accélération de la compréhension dans la question qu'on va poser, c'est certain.

Edouard NatteeC'est un temps qui est essentiel. Le premier job qu'on fait, c'est qu'on établit pour l'enfant une routine gamifiée de travail. Après, on a bossé.

Nicolas GuyonIls ont sixième terminale pour l'instant.

Edouard NatteeSixième à terminale.

35:27

La gamification inspiree de Duolingo

Nicolas GuyonIls ont tous des téléphones, ces enfants.

Edouard NatteeLa pénétration des téléphones, des tablettes et des ordi est assez élevée, suffisamment élevée. Mais notre interaction avec les enfants ne se fait pas simplement avec le téléphone. Il va se faire au début de la session avec le téléphone et plein de fois, ils vont poser leur téléphone parce que c'est par écrit qu'on va attendre un certain nombre de choses de leur part. La deuxième chose, c'est qu'on les aide à apprendre. Et en fait, aider à apprendre, c'est tout simplement savoir ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas. Aujourd'hui, les décrochages scolaires, ce n'est pas dû à l'enfant. C'est dû au fait qu'il y a un moment dans son parcours, il y a un enfant qui était peut-être un peu fatigué, un prof qui a mal expliqué, bref, il n'a pas compris les fractions. Le pauvre gosse qui n'a pas compris les fractions, quand on attaque les probas, il va se dire, les maths, ce n'est pas pour moi. Si, mon vieux, en fait, pas mon vieux, mais mon jeune, les probas, elles sont pour toi, mais c'est juste qu'il faut revenir un cran en avant. Quand on parle à un prof, Il nous dit, moi, la grande difficulté que j'ai, c'est l'hétérogénéité. J'ai des enfants qui sont là, d'autres qui sont là, ils ne sont pas moins intelligents que d'autres, mais c'est juste qu'ils n'ont pas le même parcours. Donc, on leur apprend à dire, tu dois apprendre ceci, voilà les compétences et connaissances que tu dois avoir et on va t'aider à les acquérir.

Nicolas GuyonTu as parlé avec des profs ? Vous avez parlé tous les quatre avec des profs ?

Edouard NatteeDes tonnes et des tonnes et des tonnes de profs, oui.

Nicolas GuyonGenre interview, café, tac, tac, tu les fais bien, tu parles.

Edouard NatteeOn a toutes ces interactions-là pour deux raisons. D'une part, parce qu'au début, on est venu assez humblement dans ce monde-là qui n'était pas le nôtre, à part en tant que parents, et les parents ont boient les choses avec leur prisme et il n'est pas complet. La deuxième chose, c'est qu'aujourd'hui, les profs travaillent avec nous. Donc, ils vérifient les cours, ils vérifient les quiz, ils vérifient notre approche, on les rémunère. Et donc, on est en interaction constante avec eux. Et la troisième chose que l'on fait, donc on les aide à bosser, on les aide à apprendre et puis on les motive. Les motiver, en gros, c'est deux trucs. C'est de leur donner une perspective en disant, voilà pourquoi tu fais ça. Donc, il y a tout un pan sur l'orientation ou sur le fait de se connaître et de savoir ce qu'ils pourront faire ensuite. Et la deuxième partie, c'est simplement on les motive avec les mêmes, comment dire, logiques qui fonctionnent pour les jeux, qui fonctionnent pour la compétition sportive, pour la communauté. Donc, c'est ces trois trucs. Bosser, apprendre, se motiver.

Nicolas GuyonBosser, apprendre, se motiver. Très bien.

Edouard NatteeEncore un truc par trois de conséquence.

Nicolas GuyonEt c'est vrai que j'ai pu observer en tout cas beaucoup de gamification dans l'application, dans la version de l'application actuelle déjà. Et on pense, on pense beaucoup aussi évidemment à Duolingo. Duolingo, tu le vois comment ? Comme un modèle un petit peu ? Ou est-ce que tu as un regard Aujourd'hui, c'est une application que tous ceux qui nous écoutent connaissent. C'est quelque chose de formidable. Est-ce que tu as un regard critique par rapport à ça ? Est-ce que c'est un modèle ?

Edouard NatteeDuolingo, alors, d'un point de vue très produit, très tech, ils ont réussi un truc incroyable qui est de faire des langues, c'est-à-dire de l'apprentissage des langues, ou maintenant des échecs et des maths, un jeu.

Nicolas GuyonAh, ils font les échecs et les maths ?

Edouard NatteeIls ont lancé les échecs et les maths.

Nicolas GuyonAh, je n'étais pas au courant. OK, excellent. D'accord.

Edouard NatteeEn fait, toutes les matières qui ne sont pas très différentes pays par pays, c'est donc en gros ces trois matières-là, même si les échecs ne sont pas forcément une matière, mais ils se sont lancés là-dedans et ça marche très bien. Après, le problème, c'est que ça ne remplace pas. Notamment pour les langues, il y a eu pas mal de retours de gens qui ont des strics. Donc les strics, c'est le nombre de jours où ils se connectent d'affilée. Des strics de 870, etc. Le type arrive dans le pays ou la nana arrive dans le pays, il s'agit d'ouvrir la bouche pour parler. Et là, rien. Donc, ils ont réussi une étape du processus. Nous, notre perception, c'est que si on en plus aidait pas... Parce que duolingo, c'est essentiellement des adultes. Nous, on aide des enfants. Et donc, l'idée, c'est qu'on pense qu'ils ont craqué une partie du problème. Nous, on s'inspire de Dulingo sur la partie produit. Mais en revanche, sur toute la démarche pédagogique, on va aller beaucoup, beaucoup plus loin.

Nicolas GuyonEst-ce que pour toi, cet apprentissage, l'apprentissage doit devenir, peut-être grâce à Lya, grâce à Will Go, un plaisir ? Comment est-ce que tu vois... Tu sais, apprentissage, on parle aussi d'effort un petit peu. comme si les cerveaux étaient aussi un peu un muscle. Est-ce que pour toi, on peut faire de l'apprentissage un vrai plaisir ?

Edouard NatteeDeux choses.

Nicolas GuyonC'est une grande question.

Edouard NatteeC'est une question fondamentale parce qu'en gros, c'est des questions qui sont posées de manière générale à la science de la pédagogie. Il y a un titre qui s'appelle Robert Feynman. Feynman, c'était un scientifique du projet Manhattan, mais beaucoup plus que ça. Il a révolutionné la mécanique quantique. Et ce qu'il faisait, en plus de faire du bongo, qui était son instrument préféré, il faisait un autre truc, c'est qu'il donnait des cours. Il y a des cours, par exemple, de Feynman qui sont, quand il est, je crois, à Berkeley, où il explique ce que c'est que la gravitation. Le cours, vraiment, je me défie quiconque de voir le cours et de ne pas trouver ça drôle, séduisant, plaisant, etc. Il y a plein de pédagogie aujourd'hui s'orientent là-dessus, et un bon prof, globalement, c'est un prof qui pense. Quand on pense, on a tous eu un bon prof.

41:26

La levee de 6 millions d'euros et les investisseurs

Nicolas GuyonOn peut tous penser à un prof en particulier, je suis d'accord. Exactement.

Edouard NatteeDonc l'idée, c'est que oui, ça peut devenir un plaisir. Après, le deuxième point, c'est l'effort. L'effort, il n'y a pas de mystère, c'est plus on en fait, moins ça coûte. Et donc c'est pour ça que nous, au début dans l'expérience We'll Go, on attache beaucoup d'importance au fait de donner un rendez-vous régulier à l'enfant. Et surtout pour les enfants en fait. La difficulté qui est liée à l'effort disparaît très vite. Mais il faut s'y mettre. Alors, il y a ceux qui ont des parents qui sont profs, il y a ceux qui ont des parents qui font attention. Et pour eux, en fait, ce truc est arrivé très rapidement. Il y a la pratique du sport qui apprend, qui peut apprendre le goût de l'effort. Et nous, on veut jouer notre rôle aussi en le mettant grâce à ce gimmick qu'on veut mettre la séance du soir.

Nicolas GuyonEst-ce que tu vois... Tu fais bien de nous le dire Melvin, merci. Bien sûr. Est-ce que tu vois Will Go, donc Will Go ne va pas remplacer l'école ?

Edouard NatteeSurtout pas.

Nicolas GuyonCe n'est pas l'objectif, c'est d'être à côté en plus.

Edouard NatteeNotre job, quand on écoute les profs, c'est d'aider à régler tout un certain nombre de problèmes. Un prof a devant lui une classe avec, comme on disait tout à l'heure, une trentaine d'élèves. qui sont tous différents. Ils ne sont pas simplement différents parce qu'ils ne sont pas au même moment du parcours, ils sont différents parce qu'ils n'apprennent pas pareil, parce qu'il y a des enfants qui sont dys, dyspraxiques, dyslexiques, il y a plein de difficultés que les enfants rencontrent. Les devoirs, c'est le seul moment où on peut avoir une approche personnelle et personnalisée. Soit on fait partie des 15% des enfants qui ont un prof particulier, D'ailleurs, c'est pas 15% des enfants, c'est 15% des enfants auront un prof particulier dans leur scolarité. Ça, c'est un luxe. Ça vaut un bon prof coûte 1000 euros par an. Donc nous, ce que l'on croit... T'as.

Nicolas GuyonDit combien, pardon ? 1000 euros par an ?

Edouard NatteeEn gros, un bon prof, c'est minimum 1000 euros par an.

Nicolas GuyonPar an ?

Edouard NatteeMinimum.

Nicolas GuyonUn prof particulier par an ? J'ai pas... Ouais, d'accord.

Edouard NatteeEn gros, c'est 50 sessions à un euro. Et ça, c'est le 23 euros, c'est le prix moyen d'une session d'une heure.

Nicolas GuyonÇa, c'est 15% de la population. Je n'avais pas ces chiffres en tête. OK, super.

Edouard NatteeC'est déjà beaucoup. C'est pas beaucoup par rapport à d'autres pays, genre l'Angleterre ou la Corée du Sud. C'est quasiment 100%. Et en plus, au sein de ces 15%, on va avoir Non, pas probablement. On a fait une étude et on a interrogé 1000 familles. Plus de la moitié de ces familles-là ne sont pas satisfaites de l'expérience qui a été donnée. Ce n'est pas une garantie parce qu'on a un prof particulier. Mais l'autre point intéressant de cette étude, c'est que les parents, quand on leur demande la première raison pour laquelle il y a un prof particulier, c'est « mettre mon enfant au travail ». Donc la question de la routine, la question de s'y mettre, c'est le premier souci des parents et même des profs. Donc pour revenir sur ta question, on a des enfants qui sont tous différents et un système qui est l'école, ni parfait, ni à mettre à la poubelle, qui est l'enseignement collectif. Nous, ce qu'on veut faire, c'est aider les profs en ayant chaque élève le soir, qui construit cette routine de travail, cette routine d'effort et qui va être capable, quand il arrive en classe, d'avoir pas simplement rattrapé du retard ou solidifié des compétences, mais il y a un autre truc. Moi, à titre perso, j'ai eu dans ma vie scolaire, un moment où j'étais dernier de classe, un moment où j'étais premier de classe. C'est l'enfer de se taper des tôles toute la journée.

Nicolas GuyonPsychologiquement, c'est horrible.

Edouard NatteeÇa détruit le truc. Valoriser l'effort, fondamentalement, c'est quelque chose qui est impossible à faire ou très difficile à faire de manière collective. Nous, quand un enfant, par exemple, a un problème sur quelque chose, sur un sujet, on va redescendre un sujet plus simple et on va lui montrer qu'il est capable de le faire. Et on va le valoriser autant que s'il avait réussi le premier sujet et on va le faire remonter. Ce qu'on veut faire, en tout cas, c'est rendre le job des profs plus simple et des parents aussi.

Nicolas GuyonJe pense que de toute façon, il faut que... Et vous faites bien et on en a tous besoin, les profs et les parents. Et je pense que de toute façon, après, il faut se dire quand même que le système éducatif, pour moi, il n'a pas tant bougé que ça depuis 200 ans. Et... Et avec Internet, avec les smartphones, avec l'IA, je pense qu'il faut repenser un peu les choses, aller chercher le meilleur de tout ça.

Edouard NatteeMoi, ce qui m'a surpris, en fait, quand on a rencontré, je suis d'accord avec toi, ce qui nous a surpris, Julie, Nicolas et moi, quand on a parlé avec des profs, c'est qu'en fait, il y a beaucoup de profs qui sont pleins de ressources et qui font un travail de dingue d'aller chercher des contenus multimédia, d'aller découper un morceau de film. On en a qui l'utilisent, je ne sais plus comment il s'appelle sur Mac, parce que moi, je suis PC, mais le logiciel pour Final Cut, pour découper un passage de film, trembler de ne pas avoir les sujets de royalties et compagnie. Mais on a des profs qui sont.

Nicolas GuyonHyper investis, bien sûr, mais ils sont.

Edouard NatteeTous honnêtement, la caricature du tir au flanc, c'est pas vrai. Les profs, ils sont hyper investis.

Nicolas GuyonOui, ils ont des vacances, mais... Oui.

47:16

La France en retard sur l'adoption IA (10%)

Edouard NatteeMais ceux avec qui on... Non, mais je plaisante. Non, mais en l'occurrence, moi, ce qui m'a vachement surpris, c'est qu'on a travaillé cet été sur les contenus qu'on voulait mettre à disposition pour la rentrée. Et en fait, on a des profs qui bossent réellement pendant leurs vacances pour préparer pour la rentrée une nouvelle version du programme. Ils se sont rendus compte que les élèves n'avaient pas compris tel truc. Ils le repensent, ils s'appellent entre eux. Donc, pour revenir sur ta question, on a des profs qui se rendent compte qu'il y a des choses qui se passent autour d'eux et qui vont tirer le maximum. Après, il est en train d'arriver un certain nombre de startups qui font notamment de l'aide à la correction de devoirs.

Nicolas GuyonPour se dire qu'il y a toute.

Edouard NatteeUne partie qu'on va pouvoir déléguer à l'IA. Maintenant, le créneau de l'enfant est sorti de l'école, il a pris son goûter, Et la télé, l'ordi, le portable, etc. sont des tentations de dingue. Nous, on veut sanctuariser un moment le soir dans lequel, sur la base de ses devoirs et l'envie qu'il a d'apprendre des choses, on va le corneriser un peu et on ne va pas le lâcher.

Nicolas GuyonEn tout cas, vous êtes un petit peu en soft launch sur l'application, mais elle existe. Moi, j'ai fait mes devoirs, donc je suis allé. Ça m'a beaucoup plu. J'ai fait un peu d'histoire et de philo, de terminal en me faisant passer pour un lycéen du 16ème et j'ai trouvé des sujets super intéressants sur le langage, sur la conscience.

Edouard NatteeC'est top. C'est rigolo parce qu'on a lancé un soft launch juste avant les révisions du brevet. On dit on prend tout le programme de troisième et on teste. Comment est-ce que les élèves aiment notre méthode ?

Nicolas GuyonCombien d'utilisateurs ?

Edouard NatteeOn a eu en gros entre un collégien sur 6 et un collégien sur 7 qui nous ont utilisé.

Nicolas GuyonCe qui veut dire combien de personnes, excuse-moi Edouard, tu seras meilleur que moi pour faire le calcul à 100 000. 100 000 c'est pas mal, c'est cool.

Edouard NatteeAprès Louis est en marketing et c'est une bonne star.

Nicolas Guyon100 000 tout de suite ça te fait du monde, ça te permet d'avoir une idée, un retour, de savoir que ça prend, que ça marche et tout.

Edouard NatteeDonc on a pu descendre dans le détail assez vite. On s'est rendu compte que la donnée qu'on avait nous permettait de savoir comment les élèves disaient les énoncés, ce qu'ils savaient, ce qu'ils ne savaient pas, etc. Donc ça, ça a été notre premier lancement et on était trop content. Et ensuite, on s'est dit bon, c'est le brevet. On se remet au boulot, etc. Puis tous les jours, on voit mille, deux mille mecs qui créent des comptes. En fait, c'est des adultes. C'est-à-dire qu'en fait, il y a des adultes qui sont hyper fans d'utiliser l'app pour tester des connaissances.

Nicolas GuyonAh mais j'en suis sûr. Mais j'en suis sûr, Edouard. Moi, au début, je l'ai testé par amitié pour toi, pour préparer notre épisode. Mais en le testant, je me suis dit, mais j'étais directement dans cette réflexion, je me disais, mais en fait, moi, ça me ferait marrer et j'ai l'impression d'apprendre un peu les trucs et je trouve ça sympa.

Edouard NatteeEn fait, ce qu'on s'est tous dit, c'est un peu con, mais on s'est dit, c'est vraiment dommage parce que ce qu'on apprend à l'école, si on pouvait passer du temps à le voir avec la maturité qu'on a aujourd'hui, on prendrait vachement de plaisir.

Nicolas GuyonEvidemment. Mais là, tu vas nous faire des bruts à question pour un champion aussi avec les questionnaires.

Edouard NatteeJ'ai une revanche personnelle. parce que j'ai été à question pour un champion.

Nicolas GuyonTu sais que je te dis ça, je l'avais en fond de la tête, je pensais même pas à ça, j'avais oublié cette histoire.

Edouard NatteeOù j'ai été éliminé très vite. J'ai fait un passage éclair à question pour un champion.

Nicolas GuyonAh t'avais été éliminé vite ?

Edouard NatteeAh bah je suis parti au premier, j'ai pas fait le 4 à la suite.

Nicolas GuyonMais t'y es allé, t'es allé sur le plateau. J'y suis allé avec Julien Lepers.

Edouard NatteeEt c'était très sympa.

Nicolas GuyonAh bah tu vois, là, quand j'étais sur les questionnaires, je me disais bah ouais, c'est du questionnaire, mais c'est du questionnaire sympa où j'ai l'impression d'apprendre un truc.

Edouard NatteeMais en gros, on a eu ces gens qui ont eu la gentillesse de se connecter pendant l'été et ensuite, on a décidé d'avoir une approche qui était celle qu'on a toujours eu avec Fox et je pense que... Alors Julie, pour l'histoire, a été qui est aussi avec moi de la boîte, a été la directrice générale de Maisons du Monde pendant cinq ans. Et elle a complètement changé l'expérience de la marque, la perception que les Français avaient de Maisons du Monde. Elle en a fait un truc super. Et donc aussi, elle a dû tester tout un tas de choses. Et donc, en fait, c'est très ancré dans l'ADN de We'll Go que ce n'est pas grave que ce ne soit pas parfait. Pour l'instant, on n'est officiellement pas ouvert, mais on peut se connecter, on peut tester. Tous les jours, on sortira des matières supplémentaires.

Nicolas GuyonJe sais que nos auditeurs vont aller tester parce qu'ils ont une curiosité insatiable et surtout, moi, je suis sûr qu'ils vont s'amuser. Edouard, j'aimerais... Donc, c'est magnifique, c'est passionnant. Sur ta vision un petit peu sur l'enseignement, l'éducation personnalisée, est-ce que ça existe ? Il y a les Alpha School, tu en as peut-être entendu parler au Texas, ça fait pas mal parler. J'en ai déjà parlé ici. Deux heures de cours personnalisés avec l'IA, avec ChatGPT. Le reste du temps, ils font du sport, la cuisine, ils s'éclatent et ils ont les meilleurs résultats, top percentile aux Etats-Unis. Là, la nana qui fait ça avec sa fille qui est un petit peu son cobaye, c'est deux blondes et elle communique hyper bien. Et là, je crois qu'elle a ouvert 12 écoles à la rentrée dans tous les Etats-Unis, tu vois, en levant beaucoup d'argent. en promettant un enseignement personnalisé par enfant avec l'IA. Est-ce que tu y crois ? Est-ce que c'est vers ça que vous allez ? Tu t'en parlais tout à l'heure, la personnalisation sur l'enfant.

53:11

La generation Alpha et l'avenir de l'education

Edouard NatteeCe qui est une conviction, mais ce n'est pas dingue ça veut dire, c'est qu'effectivement les enfants sont tous différents, je le disais tout à l'heure, et plus on est capable de prendre en compte ces différences et plus l'enfant heureux, performant et pourra progresser. Donc ça c'est une certitude. Il y a un mythe ou un fantasme, enfin pas un mythe dans le sens négatif, quelque chose que tout le monde a en tête, un graal, qui est un peu celui de l'école inversée. Donc l'école inversée c'est plutôt que d'avoir le cours, la leçon qui est expliquée pendant le la journée et ensuite on s'entraîne seul le soir. L'idée c'est de faire l'inverse, c'est-à-dire le moment où on a besoin de m'expliquer quelque chose, là on me parle à moi, élève, avec ma personnalité, ce que je sais, etc. Je peux poser toutes les questions que je veux, etc. Donc c'est un moment où je suis finalement seul avec l'IA par exemple. Et quand il y a besoin ensuite d'aller sur le terrain pour m'entraîner, là j'ai un être humain qui va m'aider, qui va me guider, etc. Donc ça c'est vraiment l'inversion en fait de ce qui est fait de manière un peu classique. Le problème que ça pose, c'est que ce n'est pas un bouquin qui va créer de la personnalisation.

Nicolas GuyonUn bouquin ne le fait pas, l'IA peut proposer une personnalisation infinie. Est-ce que l'IA peut adapter le contenu à l'étudiant, à l'apprentissage ?

Edouard NatteeIl peut adapter le contenu à l'étudiant, il peut adapter la manière avec laquelle il va servir le contenu. Il y a des étudiants qui ont besoin d'écouter, il y a des étudiants qui ont besoin de voir, il y a d'autres qui doivent lire des choses, d'autres qui doivent prendre plus de temps.

Nicolas GuyonMais il faut le connaître, cet étudiant, pour faire ça. Ton expérience Fox Intelligence doit être très intéressante pour ça, mais il faut le connaître pour pouvoir lui proposer quelque chose de personnalisé.

Edouard NatteeIl faut le connaître. Il faut le connaître, c'est-à-dire connaître un étudiant, ça veut dire quoi ? Savoir ce qu'il sait et ce qu'il sait pas, c'est tout simple. Il y a des sujets qu'il ne faut pas aborder si on n'a pas les bases avant. Ensuite, il faut le connaître sur son aspect psychomoteur, c'est-à-dire, qu'est-ce qui va le faire réagir, qu'est-ce qui va le faire retenir, etc. Donc ça, c'est la deuxième partie. Il y a le fait de connaître aussi les écueils dans lesquels il tombe. Il y a un enfant qui ne sait pas lire un énoncé trop long, enfin, il y a plein d'écueils, ou qui va répondre trop vite, bref. Donc ça, c'est des informations qu'on peut et adapter le parcours en fonction de ça. Le rêve, notre rêve, c'est de se dire qu'un jour, une fois qu'on est capable, lors de ce moment personnel avec l'enfant, qui est la session Will Go, de pouvoir transmettre aux parents et aux professeurs les clés pour mieux comprendre l'enfant. Les parents, je voudrais juste en parler deux secondes parce qu'on a parlé à des tonnes de parents aussi. Donc, mille familles qu'on a interviewées. Le truc qui revenait dans tous les milieux, tous les pays, on a interrogé sur cinq pays, c'est tous les soirs, il y a huit parents sur dix qui se battent avec leurs enfants sur la question des devoirs. Moi, je commence.

Nicolas GuyonMon fils vient de rentrer en CP, tu vois, donc ça y est, on découvre ça.

Edouard NatteeMais ça vient hyper vite. Moi, ma fille est en CM1, c'est pareil.

Nicolas GuyonEt je le supplie de faire ses devoirs. À table, je lui tente quelques additions et tout ça, tu vois.

Edouard NatteeMais toi, tu fais partie d'un tout petit groupe, en fait. C'est déjà les parents qui ont la chance d'avoir des enfants, qui accordent l'importance qu'il faut et qui ont la passion, etc. Mais les parents, il faut les aider parce qu'ils ont un job aujourd'hui. Ils ont une position sur la question.

Nicolas GuyonDes devoirs qui est hyper dure. Mais ce que j'en entends, c'est mais tu sais quoi, je... On a plein de parents autour de nous, justement, et j'entends ça comme si c'était vraiment, tu vois, c'est ça y est, tu arrives au devoir parce que ton fils rentre au CP. Alors là, ça va être dur. Vous allez galérer. Ça ne va pas être marrant. C'est la corvée des devoirs. Enfin, j'entends que ça, en fait.

Edouard NatteeParce que ça renvoie à des choses qui ont été difficiles aussi pour les parents. Parfois, ça renvoie à des choses qui sont différentes entre les deux parents. Ils n'ont pas vécu l'école de la même manière. Il y a un truc qu'on découvre en entreprise au début, c'est que naturellement On n'est pas un bon coach. Être un bon coach, ça s'apprend. Être coach d'un enfant, ça s'apprend. Être prof, ça s'apprend. Donc, résultat, on est tous plongés dans une expérience dans laquelle personne ne nous a dit comment faire. J'ai deux enfants aussi. Et en plus, on fait ça après le boulot. Donc, on est crevés. Et on pense qu'il y a des choses assez simples qu'on peut fournir comme clé aux parents sans que ce soit du flicage pour qu'ils puissent être des meilleurs parents dans cette étape-là.

Nicolas GuyonEst-ce que les parents ont un rapport ou est-ce que c'est prévu qu'ils aient un rapport sur ce que les enfants vont faire sur We'll Go, leurs achievements, leurs pratiques ? Ou est-ce que tu veux que, justement, c'est l'avis de ton étudiant et c'est ça et tu respectes un peu sa vie privée aussi par rapport à ça ?

Edouard NatteeC'Est évident qu'il faut qu'on gagne la confiance des enfants, et donc qu'il y ait une sorte de safe space dans lequel l'enfant a son autonomie, ça fait partie des valeurs qu'on veut créer, donc ça c'est sûr. En revanche, on étudie en ce moment, on n'a pas encore développé cette feature-là, mais on étudie la manière justement de mettre les parents dans un rôle positif. Par exemple, ce qu'on peut faire pendant un week-end, ce qu'on peut regarder comme film, ce qu'on peut considérer, enfin, conseiller comme livre. Ça, c'est des choses sur lesquelles on peut aider très facilement les parents. Moi, j'ai eu la chance d'avoir des parents qui adoraient le cinéma. Et il y a plein de trucs qui passent quand même mieux avec le cinéma. Et le foot.

Nicolas GuyonEt le foot, oui.

58:37

Les robots domestiques et la disparition du travail

Edouard NatteeNon, non, mais en l'occurrence, on peut aider les parents sans être dans le flicage.

Nicolas GuyonOuais, totalement. Edouard, petite question sur ta vision. J'ai envie qu'on aille un peu plus loin aussi, parce que comme je sais que tu es un super geek, on a envie d'en profiter. On a Sam Altman qui nous a fait une déclaration très récemment. On sait qu'il y a la communication un petit peu OpenAI dessus, avec des investissements colossaux en ce moment. On est en dizaines de milliards de dollars, centaines de milliards de dollars. Mais une des phrases clés de Sam Altman, c'était de nous dire, suite à un investissement à venir de Nvidia, avec 10 gigawatts de compute, d'informatique, de processeur, de data center, on peut aujourd'hui guérir le cancer. où on peut aujourd'hui, on pourrait demain guérir le cancer, où on pourrait demain proposer à chaque étudiant sur Terre un enseignant personnalisé. On ne veut pas choisir, donc développons de plus en plus de computes, voire un gigawatt de nouveaux computes par semaine. C'est un peu ça qu'il a dit. Qu'est-ce que tu en penses quand tu entends le CEO d'OpenAI comme ça, qui, je te dis pas, c'est ton concurrent, c'est pas ça du tout mon point, mais qui, tu vois, qui met, qui qui mentionne de manière... Personne ne peut lui dire non, ce n'est pas bien, tu vois, et c'est sûr que c'est une très bonne justification, guérir les maladies et éduquer nos enfants. Qu'est-ce que tu vois dans ce porte-étendard de Sam Altman ?

Edouard NatteePlusieurs choses, mais une chose principale qui est que dans la tête de Sam Altman, comme de beaucoup d'autres, il y a déjà le shift mental pour se dire qu'on rentre dans un monde dans lequel l'intelligence est en quantité illimitée. C'est-à-dire que si on regarde nos économies jusqu'à présent, il y avait du travail et du capital. Dans le travail, il y a le travail intellectuel et puis manuel. Et chacun à sa rareté. Bien sûr. Le monde dans lequel on arrive, c'est un monde dans lequel la partie travail, que ce soit par la robotique ou l'IA, arrivera en quantité infinie.

Nicolas GuyonBien sûr.

Edouard NatteeEt c'est un monde qui implique donc de repenser notre manière de fonctionner et ce qu'on peut faire.

Nicolas GuyonDonc quand on dit... Et c'est passionnant et c'est fou.

Edouard NatteeEt personne ne s'en rend compte.

Nicolas GuyonEt personne ne s'en rend compte. On en parle très peu. On en parle très peu, en particulier en France, comme on ne parlait pas d'intelligence artificielle générale et se dire en effet que l'intelligence aujourd'hui, en fait, c'est des tokens et que c'est la puissance de calcul et que ça peut arriver de manière abondante. On n'en parle pas.

Edouard NatteeEt donc, sur deux sujets qui sont quand même parmi les deux sujets les plus importants, qui sont la santé et l'éducation, c'est évident que si on met un afflux potentiellement infini d'intelligence, on va tout changer.

Nicolas GuyonQuand AlphaFold, AlphaFold... Ça, justement... Attends, celui-là, ça m'intéresse aussi beaucoup. Et ça, t'y crois parce qu'en fait, il y a aussi un petit peu dans ce message de Sam Altman, je trouve qu'il y a aussi, tu vois, un petit peu une approche bourrin, tu vois, en mode... 10 gigawatts sur ce sujet, juste du compute, sans même une nouvelle percée, un changement algorithmique. Et on arrive à... à conquérir un peu ces deux grâles, tu vois. Ça, tu le vois comme... Tu penses que c'est... Toi, c'est quoi ta vision par rapport à ça ? Tu penses que si tu fais tourner 10 gigawatts de compute sur les modèles actuels, tu arrives à quelque chose d'aussi fou ?

Edouard NatteeCe que montrait le track record des modèles génératifs, c'est qu'ils atteindront peut-être un plateau, mais ils ont quand même génération après génération. ingrignoter à chaque fois des espaces qu'on pensait réserver à l'esprit humain. Ça, c'est la première chose. Donc, est-ce que ça va continuer ou il faut attendre que Yann Lecun termine ses nouveaux travaux ? Non, mais il faut... Non, mais tu as raison.

Nicolas GuyonElon Musk disait récemment, tu commences à avoir une progression logarithmique qui est en mettant 100 millions de dollars de plus ou un milliard de dollars, tu vas gagner 10 points de QI. Mais dix points de cuisse, c'est déjà beaucoup, en fait, d'une certaine manière. Et donc, tu peux aller très loin comme ça. Alors qu'avant, tu faisais un saut beaucoup plus important de manière relative.

Edouard NatteeAprès, je pense que que ce soit Musk ou Altman ou d'autres, ils sont obligés d'utiliser des, comment dire, pas uniquement des images, mais des équilibres de cette nature. C'est comme ça qu'ils pensent. Et puis, étant à la tête de ces boîtes-là, ils pensent macro. Ils sont obligés de dire, on a besoin de tant d'énergie. Est-ce qu'on les a ? Est-ce qu'on les a pas ? Et qu'est-ce que ça va nous permettre de faire ?

Nicolas GuyonEt tu as raison, il parle en dizaines de gigawatts, il parle en ordre de magnitude. C'est un truc très macro, je suis.

Edouard NatteeTout à fait d'accord. Mais en fait, je pense que c'est indispensable d'entendre ça, parce que sinon, on ne se rend pas compte de ce qu'il est en train d'arriver. Je reviens sur ce qu'on disait tout à l'heure sur les robots humanoïdes. Un robot humanoïde, ça coûte 15 000 euros. 15 000 euros, c'est ce que...

Nicolas GuyonUn unitry, 15 000, 16 000 euros, il faut réussir à se le faire livrer, mais c'est le prix, en effet, incroyable.

Edouard NatteeAujourd'hui, à part l'amélioration de ses servomoteurs, etc., le matos lui-même, il est là. Donc maintenant, c'est le modèle qui va s'améliorer au fur et à mesure. On va rajouter quelques trucs, mais globalement, ce qu'on sait, c'est que pour 1000 euros par mois, plus de 200 balles de service.

Nicolas GuyonEt en fait, tu as raison, je suis d'accord. Et j'en parle ici parce qu'on n'en parle jamais assez. Même 15 000, 20 000, 30 000. Elon Musk, quand il parle d'Optimus dans quelques années, on peut se dire c'est cher, mais il faut le voir différemment, comme tu viens de le dire. peut-être 200-300 euros par mois ou 1000 euros par mois en fait un truc en location quoi aussi et c'est comme ça que ça va se passer et que ça va arriver.

Edouard NatteeDonc on va dire voilà pour cette somme là qui est moins qu'un SMIC vous avez un robot qui est capable d'être absolument polyvalent Il est capable de faire les lasagnes ou la purée de robuchon, comme il est capable de faire le ménage, etc. Littéralement, c'est ce qui va se passer. Les gens pensent que c'est un fantasme de geek machin. Ça ne l'est pas. C'est sûr.

Nicolas GuyonEt moi, j'en suis persuadé comme toi. Et on te dit, le plombier est protégé, mais attends que le robot ait autant de dextérité qu'un être humain et il va te réparer tes toilettes ou il va t'ouvrir ta porte comme un serrurier directement.

65:00

Conclusion et perspectives pour Wilgo

Edouard NatteeAvec l'aspect d'une absence de rareté. C'est ça le truc qui est complètement dingue, c'est que avant, même combien même on aurait une compétence quelque part, elle était toujours gouvernée par la rareté. La rareté disparaît sur le travail et l'intelligence. Le jour où on a la fusion, il n'y aura plus de rareté non plus sur une partie du capital. Mais en tout cas, cette partie...

Nicolas GuyonMais le robot, tu as raison, le robot, 24 heures sur 24, il va se changer de batterie, il la fait charger automatiquement et il travaille en continu et c'est dingue. Et peut-être que bientôt, il embarque un will go et qu'il fait les cours aux enfants à la maison ou quoi ?

Edouard NatteeNous, notre pari, c'est de se dire que là où il y a de la valeur, c'est deux choses. C'est la communauté, la confiance d'une part et deuxièmement, le contenu et la pédagogie qu'on va développer. Voilà.

Nicolas GuyonTu la vois quand ? Tu vois quand les robots domestiques chez nous ?

Edouard NatteeSur la question des robots, je pense qu'ils sont déjà là quand il s'agit de Waymo. Nous, on n'a pas de voitures qui se conduisent tout seuls en Europe, mais c'est une réalité déjà en termes d'efficacité économique et de sécurité sur la conduite des voitures. C'est maintenant. Les dark factories qui existent notamment en Chine, c'est-à-dire des usines dans lesquelles il n'y a pas besoin d'avoir d'êtres humains, donc il n'y a pas besoin de lumière et elles sont éteintes tout le temps, c'est une réalité. Nous en France, parce qu'on n'a pas beaucoup d'industrie et puis en plus qu'on a un certain nombre de limitations, notamment je pense à la voiture autonome, on ne se rend pas compte qu'en fait c'est déjà là.

Nicolas GuyonJe pense qu'il faut absolument réindustrialiser par rapport à ça, qu'il y a une urgence par rapport à ça, parce que si les Chinois ne veulent plus nous vendre des robots dans quelques années, on ne va pas être bien.

Edouard NatteeEn l'occurrence, c'est vrai qu'on n'a pas Vandercraft. On n'a pas beaucoup d'exemples en Europe d'entreprises ou d'usines à créer cette...

Nicolas GuyonJe crois qu'il y a un truc en Allemagne, pensez-tout. L'HGI, tu penses qu'on y est ?

Edouard NatteeTu penses qu'on... Ça, je ne sais pas du tout. Je ne sais pas du tout. J'ai une demi-sœur qui est philosophe avec qui je parle de temps en temps.

Nicolas GuyonQui sait ce sujet-là.

Edouard NatteeCe qui est certain aujourd'hui, c'est qu'il y aura toujours peut-être des domaines dans lesquels l'intelligence humaine sera plus pertinente. Il se trouve qu'il y a quand même un paquet de jobs dès aujourd'hui, et tout le monde en fait l'expérience, que ce soit avec son avocat, ou juste écrire une lettre, etc. Il y a un paquet de jobs aujourd'hui que l'IA sait faire parfaitement.

Nicolas GuyonEt tu nous parlais aussi d'intelligence abondante tout à l'heure.

Edouard NatteeEt c'est ça le sujet de l'enjeu de l'éducation. C'est ça l'enjeu de l'éducation, c'est-à-dire qu'on dit tout ça et en fait, on se dit qu'il y a une génération qui va arriver et qui va devoir trouver sa place. Et si cette génération n'arrive pas à se rendre utile, on n'a pas inventé d'autres manières dans nos sociétés de donner une place aux gens que par rapport à leur utilité. On ne sait pas le faire. Et notre système économique ne fonctionne pas comme ça. Il faut qu'on leur trouve une place. Et donc, il faut avoir des compétences.

Nicolas GuyonMerci, Edouard. À tous, allez faire un tour sur We'll Go. Mettez-vous en terminale, en première, en seconde. Ça va vous éclater, vous allez vous amuser. Bravo Edouard, c'est un projet magnifique. Notre dernière question. Un livre à recommander ou un film à recommander ? Si possible de science-fiction.

Edouard NatteeAh, alors... Un film, minuscule parenthèse, parce que c'est pas de science-fiction, c'est Valeurs Sentimentales. Génial. Il est encore au cinéma. Et un livre, moi le livre que j'ai...

Nicolas GuyonJe sais que t'es un grand lecteur en plus.

Edouard NatteeNon. Non, non, non. Non, non, parce que tu m'avais posé la question d'un livre de science-fiction. Moi, le livre de science-fiction qui m'a un peu bouleversé quand j'étais petit, c'était Les Nouvelles de Philip K. Headey, qui est un tome. Parce que c'était un des premiers mecs que je voyais, et c'est utile en ce moment, qui pense de manière un peu algorithmique, c'est-à-dire, s'il se passe ça, voilà toutes les conséquences que ça a. Et en fait, vous n'avez pas pensé à toutes les conséquences. Et en fait, on est un peu dans une période où on a besoin de ça.

Nicolas GuyonEdouard, un grand merci. C'était vraiment génial de faire cet épisode avec toi. On va suivre We'll Go de très près et j'espère que tous nos enfants vont l'utiliser pour apprendre, se motiver. Il y avait quoi juste avant ?

Edouard NatteeEt se mettre au boulot.

Nicolas GuyonEt se mettre au boulot et travailler. Magnifique. Merci Edouard.

Edouard NatteeMerci Nico.

Nicolas GuyonParfait. Merci Melvin.

Edouard NatteeMerci.

Nicolas GuyonBravo, vous avez écouté cet épisode de Comptoir IA jusqu'au bout. Pour me soutenir, merci de le partager à deux amis ou de le relayer sur les réseaux sociaux et de le noter 5 étoiles avec un commentaire sur Spotify ou Apple Podcast. Pour finir, si vous voulez échanger sur l'IA Générative et ses applications, contactez-moi directement sur LinkedIn ou venez simplement au Meetup mensuel Comptoir IA. À bientôt.

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Nicolas Guyon

Formateur IA & Expert en Intelligence Artificielle Generative

Animateur du podcast Comptoir IA (160+ episodes, 50 000 ecoutes/mois), intervenant BFM Business et ambassadeur du Plan National IA, Nicolas accompagne les entreprises et les independants dans leur adoption de l'IA generative pour transformer leur activite. Ses formations IA en entreprise couvrent les fondamentaux de l'intelligence artificielle jusqu'aux cas d'usage avances de l'IA generative.

Ses clients : Hermes, Naval Group, ERAM, Arkopharma, Puig, CESI, SANEF...

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